Avril 2020

Ligne de crête

Chers amis,
Ce 28 avril, le Premier Ministre a tracé les grands principes qu’ils demandent aux Français et leurs élus de suivre pour commencer cette première étape du déconfinement. J’ai pu assister à cette séance publique dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale qui fut historique, tant rarement un tel poids n’avait pesé sur les épaules de quelques ministres. Bien évidemment et malheureusement, le jeu usé des postures, s’est vu joué une nouvelle fois car certains n’y auront vu qu’un « rétropédalage ». J’y ai vu de la prudence et du pragmatisme.
Notre connaissance du virus a évolué. Les expériences des premiers pays touchés nous ont apporté aussi des éléments très éclairants au fil des semaines. Il aurait été donc bien plus inquiétant qu’un gouvernement fixe une doctrine définitive en janvier sans revoir sa position depuis.
L’arbitrage est des plus délicats. Edouard PHILIPPE disait mardi : « C’est une ligne de crête délicate qu’il faut suivre. Un peu trop d’insouciance et c’est l’épidémie qui repart. Un peu trop de prudence et c’est l’ensemble du Pays qui s’enfonce. »
Faut-il attendre qu’un vaccin ou un traitement soit trouvé ? Pourrait-on rester confinés 6 mois, 1 an, peut-être 2 ? A quel prix ? Si ce n’était que de la dette, pourquoi pas. Mais quoi ? Dans quel monde vivons-nous ? Amazon va-t-il nous livrer des tomates et des yaourts lyophilisés venus d’ailleurs qu’il suffirait de passer au micro-ondes ? Evidemment non, et nous en avons tous conscience, c’est bien pour cela que tous les soirs nous applaudissons les soignants qui sont au front du Covid depuis de longues semaines. Et que par la pensée, nous pouvons aussi associer à cet hommage tous les professionnels qui ont continué à travailler pour nos enfants, notre alimentation, notre électricité, notre eau, nos déchets, etc. Et je n’oublie pas ceux qui télétravaillent en même temps qu’ils révisent l’Odyssée et la Grèce antique avec leurs enfants, ce qui n’est pas désagréable mais demande un peu de temps et beaucoup de patience.
Mais bien conscient que l’instant est grave, comme rarement, le cap dessiné par le premier Ministre est prudent, très progressif et territorialisé. La première marche du déconfinement commence ce 11 mai, elle durera 3 semaines.
De grands principes seront communs à tout le territoire à commencer par la réouverture des écoles maternelles et primaires, par groupe de 15 enfants maximum, et des crèches par groupe de 10 maximum. Ainsi que des commerces (sauf cafés et restaurants) à condition d’adapter les flux qui permettent de respecter les distances.
D’autres dépendront des départements, par exemple la réouverture des collèges pour les 6èmes et 5èmes possible le 18 mai ou l’accès aux jardins et parcs publics, uniquement dans les départements « verts ». La carte, présentée hier soir, plaçait l’Isère en orange, il faudra donc que la circulation du virus et la tension des services hospitaliers diminuent encore pour passer au vert.
Dans le respect de ces principes, reste aux collectivités territoriales, et cette charge n’est pas mince non plus, d’organiser les moyens qui permettent cette reprise progressive dans le respect de ces normes sanitaires qui sont nouvelles pour notre civilisation. Ils vont devoir être créatifs et à l’écoute pour travailler avec les enseignants et les parents d’élèves afin d’assurer la reprise physique des écoles. Qualités que nous pouvons leur reconnaître sans mal et ils en ont déjà fait la preuve durant le confinement.
La différenciation territoriale que nous avions entamée avec plusieurs projets législatifs se voit donc accélérée et permettra au binôme préfet – maires d’adapter ces principes aux réalités des communes. Nous saurons d’ailleurs dès ce 23 mai, l’avis du conseil scientifique quant à l’installation des conseils municipaux élus au 1er tour ainsi que la suite donnée au 2nd tour.
Ces principes reposent autant sur le génie local que sur la discipline collective. Car très peu de mesures ne seront contraignantes. La reprise de l’école ne sera pas obligatoire, puisqu’elle repose sur le volontariat. Et en miroir, poursuivre le télétravail si l’on peut, porter des masques dans les transports en commun, respecter les gestes barrières, autant de comportements civiques que nous attendons sans qu’il soit souhaitable, ni possible, de mettre un policier derrière chaque français pour en assurer le respect. Ce ne serait pas non plus utile, car on l’a vu le respect du confinement s’est dans une grande partie très bien déroulée.
Dans cette épreuve que nous traversons, ces 3 semaines vont être, encore une fois, décisives. Elles dépendent de nous tous. C’est de notre comportement durant cette période, de notre capacité à respecter toutes les règles auxquelles nous commençons à nous habituer, que dépendra l’allègement, petit à petit, de toutes ces contraintes qui pèsent sur notre vie sociale et notre économie. Nous ne retrouverons pas tout de suite notre vie d’avant, et nous devrons apprendre de nouveaux réflexes, dans les transports, au travail ou avec nos amis. Au final, le succès du déconfinement ne reposera pas sur la seule autorité́ de l’État mais sur le civisme des Français. Faisons-nous confiance pour relever ensemble ce défi.
Votre députée,
Caroline Abadie

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