Discours de Caroline ABADIE à l’occasion du congrès départemental de la FNACA :

Il y a 56 ans, une guerre s’achevait…. Et même si le temps est venu d’apaiser les mémoires blessées par les drames de notre histoire, oublier serait une faute grave de notre présent, et c’est pourquoi, nous devons tout mettre en œuvre pour ne pas oublier, ne jamais oublier.

Se souvenir et se recueillir, en mémoire de toutes les victimes du conflit franco-algérien, et des combats en Tunisie, et au Maroc.

Passer le témoin, entre notre histoire et notre avenir, en semant des lieux de mémoire, c’est la mission que vous vous êtes donnée, et les collectivités et les élus font tout, pour vous accompagner et vous soutenir.

Comme vous l’avez fait par exemple :

  • Dans la commune de Grenay cette année, où vous êtes à l’initiative de la nouvelle plaque posée, en l’hommage des morts de la guerre d’Algérie, et des combats de Tunisie, et du Maroc sur le monument aux morts. Plaque que nous avons inaugurée ensemble le 18 mars dernier.
  • Ou encore pour célébrer des individus héroïques, comme nous avons pu le faire, le 8 aout dernier à Estrablin, pour rendre hommage au capitaine aviateur Marcel Lelandais, dont l’avion a été abattu en Algérie le 8 août 1958.
  • Et en nommant des lieux, des places, des rues dans nos villes et nos villages.

 Mais pourquoi faisons-nous ça ? Ces plaques, ces monuments, ces lieux de recueillement dressent une ambition commune pour la paix, la solidarité et la tolérance.

Ce conflit et ses conséquences ont bouleversé la France, comme l’Algérie. Le souvenir de cette guerre demeure vivace et encore douloureux, pour beaucoup de femmes, et d’hommes qui la vécurent.

En Isère, les députés sont aujourd’hui majoritairement des femmes, majoritairement née après 1962 …

Je connais vos inquiétudes, à notre égard et aux capacités qui sont les nôtres, à vous défendre.

Mais de la même manière que nous ne sommes pas des agriculteurs, nous pouvons les défendre, ou des personnes handicapées, ou des majeurs protégés …  nous pouvons grâce au résultat d’un travail consciencieux, fait de rencontres, de lectures et d’auditions, vous représenter, dignement, à l’Assemblée nationale. N’oublions pas que des femmes aussi ont fait la guerre et que certaines sont mortes dans ce conflit, c’est le cas par exemple de Jaïc Domergue, infirmière, pilote et secouriste de l’air, morte le 29 novembre 1957 .

Nous avons certes changé … et sûrement, changé nos habitudes de travail, mais nous sommes là, et même si nous n’étions pas à l’école ensemble, nos permanences parlementaires vous sont ouvertes, car ceux qui se sont battus pour la France, méritent tous nos égards.

C’est bien pour cette raison, que nous avons défendu bec et ongles, l’attribution de la carte du combattant, aux militaires présents en Algérie entre 1962 et 1964. Le Président de la république vous l’avait promis, et a tenu son engagement. Il a finalement réparé une injustice sur le traitement réservé à ces militaires. Gouvernement et parlementaires associés à cette décision, témoignent tout l’intérêt et l’égard dû à votre combat.

En effet, plusieurs dizaines de milliers de jeunes Français de l’époque, furent déployés dans ce pays, entre les mois de juillet 1962 et de juillet 1964, à la suite des accords d’Evian de mars 1962… Accords, qui ont marqué la fin du conflit armé dans l’ancienne colonie française.

Or, ils n’ont jamais pu bénéficier de la carte du combattant et des avantages qui s’y attachent, comme peuvent la recevoir, aujourd’hui, ceux qui sont déployés hors du territoire national, dès lors que la France agit dans le cadre de ses obligations internationales.

« Un bon point », et c’est vous qui le dîtes dans la revue de « l’ancien d’Algérie » du mois d’aout dernier !

En revanche, cette revendication n’était pas nouvelle, et c’est bien l’histoire qui me fait dire que vous demandiez cette reconnaissance depuis des années et que jamais, aucun gouvernement ne vous l’avez accordée.

D’ailleurs, Emmanuel Macron n’était pas non plus né lors de ce conflit… Preuve que la jeunesse s’empare de ce devoir de mémoire, et que vous pouvez désormais lui faire confiance, à la jeunesse, comme au président. Parmi les revendications dont vous m’aviez fait part lors de votre venue à ma permanence, il y avait le souhait d’avoir un véritable Ministère des anciens combattants et victimes de guerres, peut-être même plutôt UN Ministre. Je vous répondrai simplement que vous aviez des craintes mais que les actions menées par Madame Darrieussecq, secrétaire d’Etat témoigne de son engagement total.

Concernant vos revendications, J’ai personnellement et vous le savez, écrit à la Secrétaire d’Etat suite à notre rencontre. J’ai également posé une question écrite, sur la ½ part des veuves. Sur ce sujet, la ½ part des veuves avait était supprimée en 2008 par le gouvernement de l’époque. Pour 2018, des compensations ont été adopté. Il s’agit d’exonérer de taxe d’habitation ainsi que de redevance audiovisuelle les 550 000 personnes concernées pour leur imposition de cette année et cela vaudra également pour 2019. Cette mesure en faveur de tous les contribuables qui ont perdu leurs conjoints, bénéficie également aux veuves de guerre.

Pensons aussi aux harkis. Notre nation a reconnu à plusieurs reprises les sacrifices et les souffrances qu’ils ont enduré. L’an dernier le Président de la République a décidé la mise en place d’un groupe de travail sur leur situation. C’est sur la base des propositions émises par ce groupe de travail, que de nouvelles mesures vont être prises dans le domaine de la reconnaissance, de la mémoire et de la solidarité envers les harkis.

Aussi, il est des collectivités qui sont très attentives au devoir de mémoire et je profite de cette tribune pour souligner le travail et les moyens fléchés vers les anciens combattants par le département de l’Isère :

  • Par exemple, l’investissement sur le mémorial de Montferrat en la mémoire des Morts pour La France en Afrique du Nord.
  • Ou encore la nomination d’un élu en charge des anciens combattants en la personne de Martine Kohly, vice-présidentedu département de l’Isère en charge des sports et de la vie associative et du devoir de mémoire.

 

Vos préoccupations légitimes que nous défendons du mieux que nous pouvons et qui avancent, le devoir de mémoire dont chacun se saisit et se fait le relais et puis …. l’avenir et l’espoir.

Notre président, Emmanuel Macron a toujours la volonté claire de réconcilier les mémoires afin de construire, avec l’Algérie mais également avec tous les pays du Maghreb, un partenariat stable et renforcé notamment sur le fait terroriste et l’immigration clandestine.

On ne peut oublier les souffrances du peuple algérien, celles des Français d’Algérie les pieds noirs, les appelés puis les rappelés du contingent, pas plus que celles des harkis.

On ne peut oublier toutes ces victimes… de toutes origines et de toutes confessions. On ne peut oublier mais on doit regarder l’avenir : nous devons nous servir de ces souvenirs douloureux pour que toutes nos actions futures s’érigent en faveur de la paix.

Pour terminer, je voulais TOUS vous féliciter ce jour, toute la grande famille de la FNACA, pour la qualité des débats auxquels j’ai assisté depuis ce matin, qui sont encore venus enrichir mes connaissances. Et vous dire combien il est important de continuer de défendre les intérêts des anciens d’Algérie.